Réunion publique contre la loi El Khomri

Réunion publique unitaire : PCF, gauche du PS,  R&S, PG, EELV, syndicalistes, associatifs… ce mardi 22 mars à 19h, dans le 20ème arrondissement, contre le projet de loi ElKhomri.

Bea-loiElkhomri-20ème Béatrice DURAND est intervenue au nom de R&S75 ; son intervention ci-dessous :

Chers amis, chers camarades,

Si nous sommes ici rassemblés, c’est que, dans notre diversité politique, syndicale, associative, nous sommes tous conscients de la régressivité de ce projet de loi et de la nécessité de le combattre.

 Je me limiterai donc à 3 points pas trop longs.

-Le 1er une philosophie de la régression sociale

-Le 2ème une loi fidèle à l’esprit des précédentes

-Le dernier un état d’esprit enfin propice à la mobilisation

1/ Oui, cette loi construirait les bases d’un « nouveau modèle social ». Je n’en doute pas ! Et je n’en veux pas ! Ce nouveau modèle, dans la poursuite de la démolition du programme du CNR, tourne le dos à la marche en avant des conquêtes du mouvement ouvrier.

Moderne ce projet de loi ? Mais il a 2 siècles ! Il est directement issu de la conception libérale des économistes des 18ème et 19ème. Il s’inspire du libéralisme d’Adam Smith, il y a 240 ans, quand on préconisait la « liberté », entendez : le « chacun pour soi », sur le marché du travail.

 Sa façon de faire moderne, c’est de nier le salariat, pour y substituer « l’activité ». Au nom de la fameuse « flexisécurité », on instaure l’insécurité sociale par la disparition programmée des garanties collectives du privé, du statut de la fonction publique… à terme du salariat au bénéfice de l’ubérisation. C’est ce qu’ils appellent faciliter le passage entre statuts différents au prétexte de renforcer l’autonomie et la liberté d’action.

 Ces gens sont des travestisseurs de mots et de concepts : comme si chacun avait les moyens de « sécuriser seul son parcours professionnel », comme si la préoccupation des salariés, des chômeurs et des précaires, c’était de –je cite- « lever les freins à la mobilité » ! Comme si chacun avait la possibilité –et l’envie- de devenir milliardaire. Mais les milliards, M. Macron, ils se cueillent sur la misère populaire ! Souffrez qu’on ambitionne une autre société !

 2/ Et oui, ce projet de loi dit « travail », c’est leur feu d’artifice, mais ce n’est que la suite d’une longue série de lois scandaleuses, d’une suite de trahisons  du mouvement progressiste… et souvent un pied de nez à l’expression populaire.

- 2012 : engagement de revenir sur le traité de Lisbonne ; toujours rien à l’horizon, au contraire !

- 2013 : l’ANI, accord national interprofessionnel. Vous l’avez vu où, vous, l’accord ? Puisqu’il a été rejeté majoritairement par les syndicats représentatifs des salariés ? Eh bien le gouvernement l’a fait voter !

-2014 : pacte de responsabilité, mise à l’ordre du jour de la « politique de l’offre », nouvelles attaques contre les retraites et contre la sécurité sociale

-2015 : une 1ère apothéose : la loi Macron qu’ils ont l’insensé culot de nommer : « pour la croissance et l’activité » ! Tout est en ligne de mire : inspection du travail, médecine du travail,  tribunaux prud’hommes, droit pénal du travail, institutions représentatives du personnel, etc

Aucune de ces lois ne trouvent grâce, vous l’imaginez, auprès des salariés ou des travailleurs précaires ou privés d’emploi. Et pourtant elles sont passées… Car il n’est pas facile de se lever, de faire manifester, de faire grève lorsqu’on vit sous la menace du chantage à l’emploi. Ils le savent bien les patrons qui organisent des référendums pour déroger au droit du travail.

 3/2016 ! Cette fois il se passe quelque chose. Tous, nous osons croire qu’il est possible de faire reculer Hollande et Valls !

Il a déjà reculé me direz-vous : face au succès de la pétition, le gouvernement a repoussé le passage du projet de loi devant le Parlement.

Méfions-nous des faux-reculs, de la fausse concertation –sur un projet d’ailleurs où il n’y a rien à concerter et tout à rejeter.

Mon impression est qu’il souffle un petit air de mobilisation style anti-CPE ou anti casse des retraites.

Anti-CPE, oui et les jeunes ne s’y sont pas trompés : car, contrairement à ce qu’on entend,  ils sont concernés à partir de 16 ans (15 pour les apprentis) et c’est à la génération future qu’on prépare cette société de la loi du plus fort.

Anti réforme de la sécu de Juppé en 1995 ; le gouvernement avait retiré son projet sous la pression populaire de la rue… anti réforme des retraites de Sarkozy où nous avions été à 1 doigt de gagner avec 1 million de personnes dans la rue.

Alors, au-delà de nos divergences stratégiques ou tactiques, nous avons un but commun : faire échouer ce nouveau projet des Hollande-Valls-Macron ! Nous devons ensemble donner un coup d’arrêt au dé-tricotage des conquêtes sociales. Ce serait un signe fort d’espérance redonné au monde du travail. Nous avons tous à y gagner. Et en 1er lieu, les salariés avec ou sans emploi.

Mobilisons ! Tous !

0 Réponses à “Réunion publique contre la loi El Khomri”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




Jacquesyvonpierre |
Marketingstarts |
Gimmeshine |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pour Notre Village QUINCY-V...
| Yenamarre69
| Bernardofrsc